Promenade à travers l’histoire, l’art et la culture
La fin de l’histoire de Saint-Denis de Montpelliéret est aussi difficile à établir que celle de ses débuts, en raison du manque de documents déjà signalé. On ne connaît que des incidents isolés.
Par exemple, en 1519, un procès burlesque opposa un chirurgien et un apothicaire de la ville aux Ouvriers de la Commune Clôture (rappelons qu’on désignait ainsi les surveillants des remparts). Le prétexte en était un malheureux loup à demi-mort de froid dans les fossés, assommé par les archers des remparts, dont les deux praticiens avaient donné la peau à la paroisse Saint-Denis.
On est un peu mieux renseigné sur la destruction de l’église, qui rentre dans le cadre général des Guerres de Religion. On sait qu’elles furent très violentes à Montpellier, entraînant meurtres, pillages, destructions diverses, commis d’ailleurs par les deux partis. Malgré une tentative d’apaisement par la cession aux protestants des églises Notre-Dame et Saint-Mathieu une troupe de forcenés prit la Cathédrale le 19 octobre 1561 et, dès le lendemain, les pires excès commencèrent contre toutes les églises, qui furent forcées, pillées, le mobilier vendu ou détruit. Peu auparavant, Saint-Denis avait été utilisé de force pour les prêches huguenots.
Cela ne sauva pas le bâtiment, qui fut un des premiers envahis, en même temps que le Couvent des Augustins. Les religieux réussirent à mettre une partie de leurs biens à l’abri, mais l’église paroissiale fut vidée de son contenu. Comme au début de 1562 on commençait à envisager des opérations militaires contre la ville, on décida de dégager l’extérieur des remparts de tous les bâtiments qui pourraient servir d’appui à un assaillant éventuel. Ce qui fut fait courant 1562 et le 25 janvier 1563 deux des quatre cloches de l’église furent apportées à la Maison Consulaire. A cette époque, il ne devait rester de Saint-Denis que des ruines.
La position de Montpellier entre Lattes et Castelnau, dans une plaine, incitait les militaires à s’engager à cet endroit, d’autant que la butte favorisait les retranchements. Dès septembre 1562, un premier conflit entre catholiques et protestants pour la possession du moulin de l’Evêque prit les malheureux vestiges comme base et fit une quarantaine de victimes. En 1577, une nouvelle échauffourée éclata lors du siège de la ville par Montmorency-Damville, à partir du bastion créé à Saint-Denis. Les Montpelliérains profitèrent du désordre pour récupérer quantité de vivres, bien venus après un siège de quatre mois.
Tout au long des années qui suivirent cette espèce de bastion, d’ailleurs provisoire, servit tour à tour aux soldats des deux religions, lors des combats qui se succédèrent sporadiquement jusqu’au siège de la ville, entrepris en 1622 par Louis XIII. Le 2 septembre, les troupes royales le prirent de nuit, mais se débandèrent pour boire et piller. Les assiégés tentèrent une sortie qui coûta la vie à quatre gentilshommes du roi. Bassompierre et ses Suisses rétablirent la situation, puis le roi fit retirer ses troupes non sans avoir reconnu l’importance de Saint-Denis fortifié.
Aussi, après la prise de la ville, fut-il décidé la construction en ce lieu d’une citadelle, destinée à surveiller les turbulents montpelliérains. Les pauvres restes de l’église disparurent dans le bastion Nord-Ouest, dit bastion du Roi. La Société Archéologique de Montpellier possède le plan original manuscrit de la citadelle, approuvé par une signature autographe de Richelieu.
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