Le culte de saint Roch à Montpellier

Une mention rajoutée en 1450 dans un document intitulé “Cérémonial de l’an 1387” signale : « Le 16 août est la fête de monseigneur saint Roch, enfant de Montpellier, et [il] est fondée une chapelle au [Jacobins] », c’est-à-dire au couvent des Dominicains, sis à l’extérieur de Montpellier, entre les Arceaux et l’avenue de Lodève.

En 1421, une chapelle (peut-être s’agit-il de celle qui vient d’être indiquée) est dédiée à saint Roch dans le couvent des Dominicains.

Un acte municipal de 1440 fait connaître que le 16 août, les consuls se rendent aux Jacobins (Dominicains), tandis que sonnent les cloches de Notre-Dame des Tables.

En 1505, pour conjurer une épidémie de peste, une procession, consuls de la ville et Trinitaires en tête (ordre consacré au rachat des chrétiens pris par les Sarrasins), se rend à l’église des Frères Prêcheurs et dépose devant l’autel de saint Roch un gros cierge de cire blanche portant les armes de la ville.

Si, au 16° siècle, saint Roch est peu honoré (à cause des guerres de religion ?), son culte connaît un renouveau au 17° s.

En 1612, les Trinitaires sont installés dans l’église Saint Paul (à l’emplacement de l’actuelle église Saint Roch), pour vénérer saint Roch.

Le 11 août 1616, les Trinitaires d’Arles remettent à leurs confrères de Montpellier une relique de saint Roch.

En 1619, une chapelle dédiée à saint Roch est érigée dans l’église de saint Mathieu, alors occupée par les Dominicains.

En 1629, pour conjurer une épidémie de peste, un tableau, représentant d’un côté la Vierge et saint Louis, de l’autre Saint Roch, est placé dans chaque sixain (”quartier “) de la ville.

En 1640,la peste sévissant à nouveau à Montpellier, les consuls s’engagent à organiser une procession le jour de la fête de saint Roch. La même année, une chapelle de la cathédrale est dédiée à saint Roch.

En 1653, les Pénitents Blancs se rendent en procession pour remercier saint Roch de les avoir protégés de la peste… en 1629. Ils vont tout d’abord à la cathédrale, dans la chapelle dédiée à saint Roch depuis 1640, puis à l’église saint Paul (devenue par la suite saint Roch), pour y vénérer les reliques du saint.

En 1660, les Dominicains construisent à nouveau une chapelle en l’honneur de saint Roch (la précédente ayant été détruite par les protestants).

En 1661, Le centre du culte à saint Roch se déplace dans l’église Notre-Dame des Tables, où une CONFRERIE ayant pour patron saint Roch est établie. Le marquis de Castries (en qualité de « membre de la famille du saint » – ce qui reste à prouver) en est élu prieur. La chapelle de saint Roch, qui est dans cette église, est alors concédée à la confrérie, laquelle y fait dire ses messes et y fait creuser le caveau pour les sépultures des frères. Le transfert du vœu des consuls, en 1664, de la cathédrale à cette église, donnera un nouvel essor à la confrérie.

1664 Le vœu des consuls de 1640, et la procession que le précède sont renouvelés en 1664 et transférés dans la chapelle de l’église de Notre-Dame des Tables. Notons que la peste sévit alors en Provence et se rapproche de Montpellier. C’est sans doute cette menace qui pousse les consuls à réitérer leur vœu, mais cette fois dans l’église N.D. des Tables, patronne de Montpellier.

1720 Peste à Marseille – Des processions sont organisées à Montpellier pendant deux mois, pour solliciter l’intercession de saint Roch.

1720 – Un document de 1720 nous dit que le bâton de saint Roch « est beaucoup révéré dans l’église des RR. P.P. de la Trinité »

La période révolutionnaire arrête un temps les manifestations de vénération : elles reprendront épisodiquement lors des grandes épidémies de choléra.

1801 : L’église saint Paul prend le titre de saint Roch (Mais pour certains historiens, ce changement de titulaire ne serait intervenu qu’en 1828).

1809 : Des reliques de saint Roch sont exposées » Mgr Fournier autorise la célébration de la fête de saint Roch.

1817 : Publication de la plus ancienne vie du saint imprimée à Montpellier

1828 : L’église saint Paul prend le titre de saint Roch (Voir supra 1801).

1830 : Montpellier est la seule ville épargnée par la terrible épidémie de choléra, ce qui fait redoubler la ferveur des habitants.

1832-1835 : Epidémie de choléra – Le clergé encourage fortement la dévotion à saint Roch et compose un recueil de prières.

31 mai 1838 : transfert à Montpellier d’une relique d’Arles. (Un tel don était déjà intervenu le 11 août 1616). Une fête de la susception des reliques est célébrée jusqu’en 1855.

1838 – L’abbé Vinas, premier curé de la paroisse Saint Roch, écrit une vie de saint Roch.

? – Le P. Courrai fonde à Montpellier une association de bienfaisance sous le patronage de saint Roch.

1854 – Un article paru le 18 août 1854 dans le « Messager du Midi » signale la présence de 10 000 personnes dans les rues pour la procession et la distribution d’eau.

1855 – ou 1860 : Début de la construction de l’actuelle église Saint Roch à l’emplacement de l’église Saint Paul. (Abbé Recluz)

1871-1872 : Fondation d’une archiconfrérie de Saint Roch. Elle accueille jusqu’à 1 200 membres.

1930 – Le séminaire – existant depuis 1807 – prend le nom de saint Roch.

20° Siècle : Le culte de saint Roch à Montpellier devient beaucoup plus épisodique, pus se raffermit. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la promesse de terminer l’église inachevée de Saint Roch, si Montpellier est épargnée, n’est pas tenue.

Toutefois, la distribution d’eau de la maison Saint Roch aux pèlerins se perpétue à petite échelle, ainsi qu’une procession fervente, mais réduite, autour de l’église.

En 1995, l’Association Internationale saint Roch, largement ouverte à tous ceux concernés par saint Roch, que ce soit pour son message évangélique ou l’exemple qu’il est pour l’homme contemporain, redonne un nouvel éclat aux fêtes de saint Roch. C’est un grand rassemblement cultuel, culturel et festif avec de grands cortèges, des animations, des spectacles, qui attirent des milliers de personnes.

15 octobre 2000 : le 650° anniversaire de saint Roch est célébré avec éclat.

L’abbé Vinas sera curé de Saint Roch jusqu’en 1842. Il aura pour successeur le curé Recluz (mort en 1861)

Cette église possède plusieurs reliques de saint Roch. L’abbé Recluz obtint de Venise en 1856 un os de la jambe. L’expertise des chirurgiens de la faculté de médecine en a conclu qu’il aurait souffert d’un bubon pesteux. Les autres reliques sont constituées d’un fragment de sa mâchoire et de son bâton. L’église de Notre-Dame des Tables possède une relique infime qui n’a pas été identifiée.

La décoration de cette église est constituée notamment par :

* Un tableau de Glaize, acquis en 1840 ;
* Une statue de Baussan, réalisée en 1884 ;
* Un vitrail contemporain (maître-autel) installé vers 1980 ;
* Deux vitraux du 19°siècle récupérés après la démolition des Saints-François.

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